vendredi 25 juin 2010
Jour 2 - Ste-Anne-des-Monts à Rivière-au-Renard
Quel soleil magnifique il fait ce matin! Le soleil se lève vers 4h15 - 4h20 à cette période de l'année en Gaspésie. Quand je me lève à 5h30, il y a déjà longtemps que le soleil est levé et qu'il prépare une journée mémorable. Je prends mon petit déjeuner technique, gonfle parfaitement bien mes pneus, me fait prendre en photo par un autre locataire de chambre du motel, puis m'empresse de prendre la route!
Oufff! Douloureux pour les fesses! Mais le petit vent qui me pousse vers ma destination allège ma souffrance :-) Pour la première fois de mon voyage, je peux voir des couleurs! Le ciel et le fleuve bleus, la forêt verte, et une vue magnifique sur les montagnes et le fleuve qui s'étendent presque à l'infini.
Ce dont je me rappelle du côté nord, c'est la route 132 qui sillonne au pied des montagnes, prise entre la colline escarpée et le fleuve, toujours au ras de l'eau. Et ainsi ce fut pour les premiers 90 kilomètres. Un vent de dos inespéré qui me pousse sans effort à 40 ou 45 km/h, une petite colline à gravir de temps à autres, mais essentiellement, que du plat. Après 3 heures, route et pauses incluses, et 90 km parcourus, je me sens d'attaque pour me rendre à Gaspé.
Je m'arrête pour diner à Ste-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, retire le haut de mon maillot pour profiter du soleil et bronzer un peu moins en cycliste, puis en mangeant, je regarde au loin une route monter dans la montagne. Je me dis en moi-même que ce doit être la route pour se rendre à Murdochville tout en me disant que j'aimerais mieux ne pas avoir à la monter... De toute façon, on dirait juste à côté que la 132 continue le long du fleuve au pied des montagnes. Cependant, la réalité est tout autre...
Je repars, puis réalise après 5 minutes que c'est bien vers cette côte aux proportions gargantuesques que je me dirige. J'essaie de ne pas trop y penser en me disant que je vais la prendre un coup de pédale à la fois. Une fois dedans, c'est encore bien pire que ce que je m'étais imaginé. Non seulement est-elle longue, mais en plus, elle tourne et continue en montant toujours plus à pic, jusqu'à une pente que j'évaluerais à 15 ou 16%. Rendu tout en haut, je m'arrête juste à côté du panneau indiquant la pente aux véhicules en sens inverse en me disant que ce doit bien être la pire côte que j'aurai eu à monter aujourd'hui.
Je continue, mais après une courte descente, une autre montée longue et abrupte, puis une autre descente, puis une autre montée, celle-là encore plus abrupte que la première et bien plus tortueuse.
Voilà maintenant une heure que je ne fais pratiquement que monter des côtes (les descentes ne durent pas longtemps, les montées sont bien plus longues...), quand j'arrive à une halte municipale avec un point de vue à couper le souffle le village de Grande-Vallée. Deux dames y sont arrêtées et s'apprêtent à reprendre le chemin en voiture, et en me voyant arriver, elles m'applaudissent! Elles m'avaient dépassé durant une des nombreuses montées et croyaient peu probable de me revoir. Fort sympathiques, elles me piquent une jasette de 5 minutes puis repartent. Je repars également, puis fais un arrêt dans le village, où il y a dépanneur et SAQ :-)
Après cette pause bien méritée, je reprends la route, qui s'est beaucoup aplanie par rapport aux terribles côtes que je viens de franchir. Ça roule donc toujours bien, avec le même vent de dos qui me pousse à des vitesses impressionnantes, avoisinant parfois les 50 km/h. J'arrive à St-Yvon, où je m'arrête pour grignoter une barre énergétique dans une halte municipale. Je prends le temps de regarder ma carte, et voit que juste un peu plus loin, la route s'enfonce d'environ 1 km dans les terres, ce qui semble correspondre à une vallée que je vois un peu plus loin.
Je repars, confiant que ma journée est presque terminée (j'ai révisé mon objectif pour m'arrêter à Rivière-au-Renard, vu les côtes que j'ai rencontrées qui m'ont retardé et épuisé), mais une fois cette "vallée" entreprise, je réalise que ce que j'avais rencontré en termes de côtes jusqu'à maintenant n'était en fait qu'un amuse gueule. À la fin de la journée, j'entourerai sur ma carte ce chemin entre Cloridorme et l'Anse-à-Valleau en lui donnant le nom de "l'enfer de côtes". Dix kilomètres de montées, dont la première où j'ai dû débarquer de mon vélo pour la première fois et la grimper à pieds.
À la sortie de cet enfer, je m'arrête à l'Anse-à-Valleau, dans une information touristique, où il y a Internet et une dame un peu asociale pour répondre aux gens. Je mets à jour mon "status" Facebook, puis demande à la dame comment est la route jusqu'à Rivière-au-Renard. Elle me dit que c'est tout près et qu'il y a une petite montée à la sortie de l'Anse-à-Valleau et une autre petite pente juste avant Rivière-au-Renard. Petites côtes mon oeil oui! Je n'ai pas réussi à les grimper sur mon vélo, alors j'ai débarqué deux autres fois de ma bécane pour la pousser à pieds.
Pour la gouverne de mes amis Français, j'ai croisé un couple de Français à l'info touristique qui m'ont dit avec leur accent "...c'est quand même assez... pentu...". Pour qu'un Français, qui a les Alpes sur le pas de sa porte, me dise que c'est "assez pentu", je me dis que j'ai quand même réussi quelque chose là!
Enfin, je vois Rivière-au-Renard! Plus de côte d'enfer à monter, juste une à descendre! Et je file... 70... 75.... 80...... 85 km/h! Juste au bas de la côte, une bouche d'égout qui a été mal installée et qui a une grosse grosse bosse d'asphalte tout autour se pointe juste devant moi. Je tente de l'éviter..... BANG! Et là, j'entends les sacoches qui frappent dans ma roue arrière pendant que je tente un freinage d'urgence, en disant "fuck..... fuck!! FUCK!!!!"
Rien de cassé, la roue un peu fausse (j'ai mon outil pour ça...), une bonne frousse, et une autre leçon.
Leçon 2: Ne jamais utiliser un porte bagages ancré uniquement sur la tige de selle, ça risque de défoncer la roue arrière.
Je termine donc la journée en "beauté" dans le seul motel, un peu pas mal ordinaire, de Rivière-au-Renard. Au moins, j'avais une belle vue sur le village...
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Le départ s'annonce canon!
Ce dont je me rappelais du côté nord
13% sur 2 kilomètres!
Une vue à couper le souffle sur Grande-Vallée
La "petite côte" de ma "petite madame" de l'info touristique...
Rivière-au-Renard, après une journée d'enfer... (vue de mon motel)
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