Cyclotourisme

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samedi 26 juin 2010

Jour 3 - Rivière-au-Renard à l'Anse-à-Beaufils


Après mes déboires de porte-bagages de la veille, je me décide à renvoyer ce dernier, avec les sacoches et quelques autres cossins qui ne me serviront pas. Sandales, pompe à eau, couvre-chaussures de vélo (vraiment useless, après 10 minutes j'avais les pieds trempes la première journée...), bref, je prendrai la totalité du baggage sur mes épaules, mais au final je serai plus léger d'environ 10 livres. J'ai défaussé ma roue arrière et elle est pratiquement parfaite! Je repars donc pour la traversée vers Gaspé en ayant pas d'objectif précis en tête, autre que de rouler, rouler et rouler autant que j'en suis capable.

La journée débute avec un ciel couvert, quelques gouttes de pluie, un temps assez frais pour que je mette mon imper-coupe-vent. Le vent me semble tantôt favorable, tantôt défavorable, mais maintenant que je roule en direction ouest, je peux m'attendre à avoir plus de vent de face que de dos. J'ai décidé que je n'allais pas faire le parc Forillon, qui semble-t-il est composé exclusivement de côtes pires que ce que j'avais rencontré la veille, alors pour m'éviter de m'écoeurer, je décide de couper en travers, directement vers Gaspé. Comme je m'y attendais, une bonne montée, mais assez de longue main, puis une bonne descente de l'autre côté. Il n'y a vraiment rien d'intéressant dans ce secteur, alors je vais tout de suite passer à l'après-Gaspé, où je me suis arrêté pour luncher assez tôt, vers 11h15.

Une chose est certaine, c'est que les fesses ont plus de difficultés aujourd'hui. Non seulement j'ai parcouru plus de 325 km en deux jours, maintenant je me traîne environ 50 livres sur le dos au lieu de 35 la veille. Les fesses se fatiguent vite, et mon siège est on ne peut moins ergonomique (c'est une selle de course, pas de cyclotourisme...). Je m'arrête toujours assez régulièrement, toutes les 45 minutes aujourd'hui tellement le siège fait mal. Je m'arrête entre autre au rocher de la tête d'indien, puis lorsque j'en repars, je vois à l'horizon le Rocher Percé pour la première fois de mon périple! Non seulement il me semble vraiment loin, mais en plus, j'ai toute une baie à contourner pour y arriver. Tellement que pendant quelques secondes, je me suis demandé si ce ne serait pas plus rapide à la nage... sérieusement là...



Ce n'était pas une réelle partie de plaisir se rendre jusque là. Les vents étaient changeants, le paysage ennuyeux, les villages petits et pas très beaux. Barachois, Belle-Anse, Bridge-Ville, tous des villages dont vous n'avez jamais entendu parler et dont vous n'entendrez jamais parler! Sauf que je savais ce qui m'attendait de l'autre côté. Oui, il y a le beau Rocher Percé et l'Île Bonaventure, mais il y a aussi le secteur de Cannes-de-Roches et du Pic de l'Aurore, qui sont des côtes vraiment costaudes. C'est un secteur magnifique, mais vraiment difficile à vélo.



Tout ce qui monte doit redescendre à ce qu'on dit. Bien oui, après le Pic de l'Aurore, on descend à Percé, et pas à peu près! 17% sur un kilomètre. Mais un chemin indiqué comme raboteux sur un kilomètre. Ce doit être pour nous faire mieux apprécier la vue en fait, ça nous oblige à ralentir!



Le Rocher Percé, le village de Percé, l'Île Bonaventure, c'est très beau, mais aussi très touristique. Et des touristes, il y en avait! J'ai donc décidé que ce ne serait pas à Percé que j'allais arrêter ma journée. J'ai donc continué, vu un vent assez favorable pour l'instant, jusqu'à l'Anse-à-Beaufils.

Je ne me rappelle pas très bien ce qui m'a fait m'arrêter là, parce que c'est vraiment un tout petit village peu connu, et le motel où je me suis arrêté semblait tout droit sorti des années 70. C'était probablement le seul motel du village d'ailleurs. Face au seul restaurant du village aussi, et au seul dépanneur du village aussi. Je l'ai probablement choisi pour sa situation centrale! Mais là j'ai été agréablement surpris de découvrir ma chambre, décorée de façon presque masculine, mais avec des meubles en rotin, un ameublement antique. Bref, très belle chambre!

Pas de téléphone cependant. Et la boîte publique qui ne veut pas de ma carte de crédit ni de mon 2$ pour appeler ma blonde qui m'a forcé à l'appeler sans faute à tous les jours... La gentille propriétaire du motel accepte de me prêter son téléphone pour donner des nouvelles à ma douce. Alors je lui ai laissé un message pour lui dire où je suis et que je vais bien, puis je suis allé prendre un bain de culture!



Le resto d'en face qui s'appelle Le Resto de l'Anse (original non?) servait un très bon spaghetti (je déteste les fruits de mer...) qui est excellent pour me refaire des réserves de glycogène, mon "gaz" si on veut. Ensuite, en soirée, j'ai voulu aller voir un chansonnier à La Vieille Usine, à deux pas du motel (central je vous dit!), mais après deux excellentes bières noires de la Microbrasserie Pit Caribou et après le très bon sound test du chansonnier (qui jouait du banjo, vraiment hot!), je suis parti me coucher parce que je commençais à m'endormir sur ma table...

Aller au jour 4


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