Cyclotourisme

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lundi 28 juin 2010

Jour 5 - Bonaventure à Matapédia




À la météo, on annonçait de la pluie sur l'ensemble du Québec pour la journée, sauf dans le corridor où je me trouvais. Mais la fiabilité de la météo ne tenant qu'à un fil, il s'en faudrait de bien peu pour que je prenne une douche sur 150 km. Sachant que les risques d'averses augmentent plus tard en journée, je pars très tôt, 7h00. Habituellement, dans les conditions de mauvais temps, le vent vient de l'est, donc pour moi qui roule vers l'ouest, c'est excellent. Je souhaitais donc du mauvais temps pour cette journée, puisque celui-ci pouvait m'aider.


Dès mon départ, je sens que ça va bien rouler. J'ai un bon vent de dos, je roule 30 - 35 km/h sur le plat, et avec les lotions que j'ai mises sur mes fesses la veille et les Advils que je me suis prises avant mon départ, je ne sens pas trop mes fesses qui devraient pourtant me faire épouvantablement souffrir.

En moins de 2 heures, j'ai déjà dépassé New Richmond, où la route qui traverse le Parc de la Gaspésie, séparant la Gaspésie en deux sur l'axe nord-sud, rejoint la Baie des Chaleurs. Là dessus, j'ai eu le temps de m'arrêter dans une halte municipale un peu avant New Richmond où j'ai jasé avec un cycliste de Maria, un village assez important où il y a un hopital, un Couche Tard et quelques magasins, qui se trouve un peu plus loin sur ma route. Super sympathique le gars, avec un bon accent Gaspésien, on s'est raconté quelques unes de nos péripéties à vélo, et c'est là que j'ai croisé cette route qui me rappelle le souvenir de ma tentative ratée (mais que j'ai bien l'intention de re-tenter bientôt...) de faire la traversée de 100 km à pieds du Parc de la Gaspésie.



Je continue toujours mon chemin, et cette partie du voyage est d'un ennui... les villages ne sont pas très beaux, et même s'il y a la Baie des Chaleurs qui se montre toujours un peu, une baie, ça reste un plan d'eau. Seule chose qui m'encourage, c'est que les kilomètres s'additionnent rapidement. Je m'arrête devant le panneau annonçant Carleton-sur-Mer, parce que je me souviens que mon ancien patron et ami Carol LeBlanc est originaire de là. Donc pour toi Carol, je te rapporte une photo de l'entrée est de ton village natal!



Encore un peu plus loin, j'ai la dalle, donc je m'arrête pour diner dans un Subway à Pointe-à-la-Croix. Ce village est un village-frontière entre le Québec et le Nouveau-Brunswick, et qui est métissé entre les maritimes, le Québec, les amérindiens de la réserve de Listuguj, qui en plus vit à l'heure des maritimes, mais au Québec. À ma montre, il était 13h30, à leur horloge, 14h30. Il me semblait aussi que ça n'avait pas été si long me rendre là! Tout le monde rencontré y parle un excellent anglais et un excellent français. Le respect de la loi 101? Inexistant! Comme quoi ce ne sont pas des lois qui font que le Québec demeurera francophone. C'est la fierté de parler cette belle langue, mais tout en ayant l'humilité d'apprendre l'anglais qui est la langue internationale à connaître absolument.

Juste de l'autre côté de la Baie des Chaleurs, qui à cet endroit ne fait plus que 600 mètres de large, c'est la ville de Campbellton, Nouveau-Brunswick. Non pas que c'est une grande ville pour que j'en fasse mention sans la visiter, mais le pont qui y mène est vraiment joli, rappelant un peu le pont Jacques-Cartier à Montréal, les itinérants en moins ;-).



Je reprends la route en me disant que, vu qu'il est encore tôt et qu'il ne me reste que 15 kilomètres avant Matapédia, je continuerai jusqu'à Causapscal et y passerai la nuit. Mais rendu à Matapédia, et précisément dans le village juste à côté de l'information touristique, le voyage prend une tournure totalement différente. *pink*. Un autre rayon cassé dans la roue arrière. Je regarde les dégâts. La roue est vraiment très voilée maintenant. Le rayon qui vient de casser est à côté d'un autre rayon qui était déjà cassé du même côté, ce qui laisse un trou béant sans rayon dans ma roue. La jante touche le frein à chaque tour, ce qui augmente la résistance considérablement. C'est terminé. Fini le tour de la Gaspésie. Je ne vais pas aller me jeter dans la Vallée de la Matapédia avec une roue qui peut se recroqueviller sur elle-même à tout moment, en cet endroit où les villages sont très rares, le chemin cahoteux, les accotements parfois inexistants.

Je m'arrête donc dans le village, à l'épicerie qui fait également office de dépôt Expédibus et d'arrêt Orléans Express, puis demande un aller simple pour Ste-Flavie avec mon vélo. On me demande donc d'emballer mon vélo dans une boîte, en me spécifiant que le bus passera vers 20h15. Il est 15h00, donc je décide de me trouver une chambre pour prendre une douche et faire une sieste. Par hasard, juste à côté du "terminus", il y a une épicerie-fine-bio-auberge qui affiche "chambres à louer", mais sans le logo de l'office du tourisme. Je me dis donc que je pourrai me négocier quelque chose de pas cher pour 5 heures d'utilisation!



Pour 40$, je me suis dégoté une jolie chambre où j'ai pu piquer un somme, prendre une douche et consommer le reste de ma petite bouteille d'Amarula achetée quelques jours plus tôt à Grande-Vallée. Juste avant mon départ, je prends ce qui sera la dernière photo de mon voyage, soit l'épicerie-fine-bio-auberge-restaurant où je viens de me ressourcer (et de manger un très bon panini poulet chèvre).



Mais non, ce n'est pas fini. Arrivé à Sainte-Flavie, j'arrive à ma voiture, je tente d'ouvrir le coffre avec la télécommande... aucune réaction. "Ostie" me passe par la tête, mais c'est "tabarnak" qui sort. Ma batterie est à terre. Après m'être fait survolter et m'être fait alléger d'un autre 40$, je réalise que j'avais laissé un plafonnier allumé, probablement le matin de mon départ quand je suis retourné à la voiture y porter mon sac à dos en vitesse.

Mais malgré ça, malgré la crevaison, malgré les côtes, malgré le porte bagages qui cogne dans la roue à 85 km/h, malgré les rayons cassés, ce fut un voyage extraordinaire! J'ai senti que je me suis dépassé, que je suis allé aux limites de mes capacités, j'ai vu des paysages saisissants, des gens merveilleux et surtout, j'ai pratiqué pendant 5 jours à raison de plus de 6 heures par jour le sport que j'aime le plus au monde: Le Vélo!

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